Après 2012 en 2009, à l’énorme budget, voici Anonymous (Anonyme) en 2012, au « petit » budget de 30 millions d’euros.
Le réalisateur Roland Emmerich, bien connu pour ses films de science fiction grand public (Stargate, la porte des étoiles ; Independence Day ; Godzilla ; Le jour d’Après…) s’attaque ici à un tout autre style en revenant cette fois dans le passé en nous plongeant dans l’univers royal de Londres du XVIIe siècle où le théâtre devient de plus en plus populaire. Le film revient sur le mythe et l’histoire de l’auteur le plus connu d’Angleterre au point d’en marquer la langue comme la référence majeure : Shakespeare. Qui donc se cache derrière la signature de l’œuvre du maître ? Est-ce le 17e comte d’Oxford, Edward de Vere, qui, à l’approche de la succession du trône de la reine Elisabeth 1er d’Angleterre, va démêler quelques nœuds du passé et en découdre de sa passion brûlante pour les mots et l’écriture…

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Retour au pays pour Roland Emmerich, qui après 20 ans de loyaux et bons services comme sujet pour le royaume d’Hollywood, revient sur le vieux continent pour une production allemande et anglaise. Si son nom peut faire frémir certains cinéphiles, on est effectivement en droit de se demander s’il est l’homme qu’il faut pour réaliser un film sur la paternité des œuvres du grand William Shakespeare. Et pourtant, avec Anonymous, il prend tout le monde à contre pieds et nous prouve qu’il est capable de signer une œuvre à la hauteur de son sujet. Si on attendait de lui un film au rythme soutenu et aux images à couper le souffle, on n’aurait effectivement pas parié sur la subtilité de sa mise en scène et une écriture mettant en lumière une intrigue haletante et franchement réussie. Loin de prétendre d’avoir réalisé un film qui s’affranchit des règles commerciales qu’on lui connait, il réussi à nous projeter dans l’univers impitoyable des conflits de pouvoir entre les Tudor et les Cecil, et nous immerge littéralement dans le Londres de l’époque notamment grâce à une reconstitution de l’Angleterre Shakespearienne grandiose et éblouissante. Roland Emmerich signe donc sa toute première fresque aussi passionnante qu’intelligente, flirtant avec le mystère et l’histoire au service du divertissement.
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En salle ce vendredi 28 octobre.
Distribué par Sony Pictures Canada.
Par Guillaume Drivierre



